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Droits numériques au Cameroun : où en sommes-nous en 2026 ?

Un Livre Blanc pour comprendre les défis du numérique au Cameroun

La transformation numérique est aujourd’hui au cœur du développement économique, social et institutionnel du Cameroun. Accès à Internet, protection des données personnelles, liberté d’expression en ligne, justice numérique : autant de sujets qui impactent directement la vie quotidienne des citoyens.

C’est dans cette perspective que PROTEGE QV, avec l’appui de l’Association for Progressive Communications (APC), a coordonné la publication du Livre Blanc « Regards croisés sur les droits numériques au Cameroun ». Fruit d’un travail collaboratif impliquant des acteurs de la société civile, des médias, des institutions publiques et des défenseurs des droits humains, ce document propose une analyse approfondie de l’état des droits numériques dans le pays.

L’accès au numérique : entre progrès et fracture persistante

Le Cameroun a réalisé des avancées significatives dans le déploiement des infrastructures numériques, notamment avec l’extension du réseau de fibre optique et l’amélioration progressive de la connectivité mobile.

Cependant, le rapport met en évidence plusieurs défis majeurs :

  • Des disparités importantes entre zones urbaines et rurales ;
  • Le coût encore élevé de l’accès à Internet ;
  • Une faible couverture dans certaines régions ;
  • Un déficit de compétences numériques ;
  • Des difficultés d’accès pour les personnes en situation de handicap.

Le Livre Blanc rappelle que l’accès au numérique ne se limite pas à la connexion Internet. Il implique également l’inclusion, l’accessibilité et la capacité réelle de chaque citoyen à utiliser les outils numériques de manière efficace.

Une justice confrontée aux défis de la transformation numérique

L’essor du numérique transforme également les systèmes judiciaires.

Le rapport souligne que si le Cameroun dispose d’un cadre juridique relatif à la cybersécurité, à la cybercriminalité et aux communications électroniques, plusieurs obstacles demeurent :

  • La faible digitalisation des procédures judiciaires ;
  • Le manque de spécialistes du droit numérique ;
  • Les défis liés à l’authentification et à la conservation des preuves numériques ;
  • Les questions relatives à l’indépendance judiciaire dans certaines affaires impliquant des activités en ligne.

La modernisation de la justice apparaît ainsi comme un levier essentiel pour garantir une protection effective des droits fondamentaux dans l’espace numérique.

Protection des données personnelles : un chantier stratégique

À l’heure où les données sont devenues une ressource stratégique, leur protection constitue un enjeu majeur.

Le Livre Blanc met en avant plusieurs préoccupations :

  • La collecte massive de données par les administrations et les entreprises ;
  • L’insuffisance des mécanismes de contrôle ;
  • Les risques de fuites de données ;
  • Les cyberattaques et les usurpations d’identité ;
  • Le manque de sensibilisation des citoyens aux bonnes pratiques numériques.

L’adoption récente d’un cadre légal spécifique à la protection des données personnelles constitue une avancée importante. Toutefois, sa mise en œuvre effective nécessitera des ressources institutionnelles, des contrôles renforcés et une culture numérique plus développée.

Liberté d’expression en ligne : entre opportunités et vigilance

Les plateformes numériques offrent aujourd’hui aux citoyens des espaces inédits de participation, d’information et de débat public.

Le rapport souligne que les réseaux sociaux et les médias numériques contribuent à renforcer la participation citoyenne, le journalisme mobile, l’entrepreneuriat numérique et la circulation de l’information.

Mais ces opportunités s’accompagnent également de risques :

  • Désinformation et manipulation de l’information ;
  • Discours de haine ;
  • Cyberharcèlement ;
  • Restrictions de l’accès à Internet ;
  • Pressions exercées sur certains acteurs des médias.

L’équilibre entre sécurité numérique et respect des libertés fondamentales demeure ainsi un enjeu central pour l’avenir du numérique au Cameroun.

Construire un numérique respectueux des droits humains

Au-delà du diagnostic, le Livre Blanc formule de nombreuses recommandations destinées aux pouvoirs publics, aux entreprises, aux institutions éducatives, aux médias et à la société civile.

Parmi les priorités identifiées :

  • Renforcer les infrastructures numériques ;
  • Réduire les coûts d’accès à Internet ;
  • Promouvoir l’éducation numérique ;
  • Garantir l’accessibilité universelle ;
  • Renforcer la cybersécurité ;
  • Améliorer la protection des données personnelles ;
  • Favoriser un environnement propice à la liberté d’expression et à l’innovation.

Télécharger le Livre Blanc

Le document complet est disponible gratuitement à l’adresse suivante :

https://drive.google.com/file/d/1w-mh6sEPVl3MduE9g1s9zbjjmSpmvJ5U/view?usp=sharing

Ce Livre Blanc constitue une ressource essentielle pour tous les acteurs engagés dans la construction d’un écosystème numérique inclusif, sécurisé et respectueux des droits humains au Cameroun.

Nous invitons les décideurs publics, les organisations de la société civile, les chercheurs, les médias, les professionnels du numérique et l’ensemble des citoyens à consulter le document complet afin de contribuer au débat et aux réformes nécessaires pour bâtir un avenir numérique plus équitable.

Une trentaine d’acteurs engagés deviennent des “Digi-Gardiens” pour la défense des droits numériques au Cameroun !

Du 24 au 26 mars 2026, PROTEGE QV a organisé à Yaoundé avec le soutien de l’Association pour le Progrès des Communications (APC), un atelier de formation intitulé « Devenez un Digi-Gardien au Cameroun : Protéger les droits dans l’espace numérique ».

Pendant trois jours, représentants de la société civile, journalistes, défenseurs des droits humains et institutions publiques ont renforcé leurs capacités sur des enjeux devenus essentiels à l’ère du numérique : protection de la vie privée, sécurité en ligne, lutte contre la désinformation, intelligence artificielle, liberté d’expression et plaidoyer stratégique.

Les participants ont compris les fondamentaux des droits digitaux, analysé le cadre juridique régional et camerounais relatif aux droits numériques et appris à mieux protéger leurs données personnelles grâce à des outils et bonnes pratiques de cybersécurité.

Un accent particulier a été mis sur la lutte contre la désinformation. Les participants ont été formés à l’utilisation d’outils de vérification des images, à l’analyse des métadonnées et aux méthodes de fact-checking afin de limiter la propagation des fausses informations qui fragilisent la cohésion sociale et la démocratie.

L’atelier a également permis de réfléchir aux défis posés par l’intelligence artificielle, notamment en matière de liberté d’expression et de protection des droits fondamentaux.

Au-delà de l’apprentissage, les participants ont élaboré un livre blanc et des plans d’action de plaidoyer sur quatre thématiques prioritaires : l’accès et l’accessibilité au numérique, la liberté d’expression en ligne, le droit à une justice équitable et la protection des données personnelles. Une communauté de pratique « Digital Guards Right » a été créée pour assurer le suivi des actions et renforcer la collaboration entre les participants.

🙏 PROTEGE QV remercie APC pour son soutien, ainsi que l’ensemble des intervenants et participants pour leur engagement en faveur d’un Internet plus sûr, inclusif et respectueux des droits humains.

Retour sur la phase finale du Concours Programme Jeunesse de la Radio Flambeau Banka 2026 ✨🏆

Du 29 au 31 mai 2026, la ville de Bafang a vibré au rythme de la créativité, de l’engagement et du talent des jeunes à l’occasion de la phase finale du Concours Programme Jeunesse de la Radio Flambeau Banka, organisé avec l’accompagnement de l’association PROTEGE QV.

📅 Après la formation des participants organisée le 8 mai 2026 et la clôture des dépôts des productions audio le 28 mai, l’équipe de PROTEGE QV s’est rendue à Bafang dès le vendredi 29 mai pour superviser les travaux d’évaluation.

👥 Durant deux jours, les 29 et 30 mai 2026, le jury s’est réuni afin d’examiner avec attention les différentes productions soumises par les équipes participantes. Les échanges riches et constructifs ont permis d’identifier les œuvres les plus remarquables en matière de qualité technique, de créativité, de pertinence des messages et d’impact sur la jeunesse.

🎙️ La cérémonie officielle de proclamation des résultats et de remise des prix s’est tenue le dimanche 31 mai 2026 à 10h00 dans la salle des fêtes de la Radio Flambeau Banka, en présence des participants, des partenaires, des membres du jury et de nombreux invités.

🏅 À cette occasion, les trois meilleures équipes du concours ont été récompensées pour leur excellent travail et leur engagement à promouvoir des messages positifs à travers la radio communautaire.

🌟 Nous avons eu l’honneur de bénéficier de la présence et de l’accompagnement de Mme Reine Paul Tiani, Déléguée Départementale de la Communication, qui a participé aux travaux du jury et soutenu cette initiative visant à renforcer l’expression, la créativité et l’engagement citoyen des jeunes.

🤝 La cérémonie s’est achevée dans une ambiance chaleureuse autour d’un moment de convivialité et de partage entre les participants, les organisateurs et les invités.

👏 Félicitations à tous les candidats pour leur implication, leur créativité et leur détermination tout au long de cette aventure.

🙏 Nos sincères remerciements à la Radio Flambeau Banka, aux membres du jury, aux encadreurs, aux partenaires ainsi qu’à toutes les personnes qui ont contribué à la réussite de cette belle initiative.

💙 À travers ce concours, PROTEGE QV réaffirme son engagement à accompagner la jeunesse, valoriser les talents locaux et promouvoir la participation citoyenne, la culture, l’environnement, le numérique et l’entrepreneuriat.

🚀 Ensemble, continuons à donner la parole aux jeunes et à construire un avenir plus dynamique, créatif et responsable.

La désinformation genrée : une menace silencieuse contre le leadership féminin au Cameroun

Malgré une progression timide de la représentation des femmes dans les institutions politiques camerounaises, le leadership féminin demeure fragile et largement sous-représenté, notamment au niveau local et régional. À ce jour, moins de 7,5 % des municipalités sont dirigées par des femmes, et aucune région n’est présidée par une femme.

Ces avancées limitées sont aujourd’hui menacées par un phénomène préoccupant : la désinformation genrée.

Dans son policy brief, PROTEGE QV met en lumière la manière dont des campagnes coordonnées de désinformation, fondées sur des stéréotypes sexistes, sont utilisées pour attaquer, discréditer et réduire au silence des femmes occupant des positions de leadership — femmes politiques, journalistes, activistes, entrepreneures et dirigeantes de la société civile.

Contrairement à la critique professionnelle légitime, la désinformation genrée s’attaque à l’identité même des femmes : leur moralité, leur apparence physique ou leur vie privée, avec pour objectif de miner leur crédibilité et de les exclure de l’espace public.

Des impacts graves sur la démocratie

La désinformation genrée engendre :

  • l’autocensure et des atteintes à la santé mentale,
  • le découragement des jeunes femmes et des filles à s’engager dans la vie publique,
  • une perte de talents et un affaiblissement du débat démocratique.

Nos recommandations

PROTEGE QV appelle à :

  • la reconnaissance juridique explicite de la désinformation genrée et des violences numériques basées sur le genre ;
  • le renforcement de l’éducation aux médias et au numérique ;
  • la mise en place de mécanismes de protection, de signalement et de justice accessibles aux victimes ;
  • une coopération accrue entre pouvoirs publics, société civile et plateformes numériques.

Accéder aux ressources

📄 Policy brief – version française (PDF)
👉 https://drive.google.com/file/d/1BzrOiHZD7tylSSxYo9LxIhharI6Gur_r/view

📄 Policy brief – English version (PDF)
👉 https://drive.google.com/file/d/1BzrOiHZD7tylSSxYo9LxIhharI6Gur_r/view

🎧 Contenus audio (sensibilisation & plaidoyer)
👉 https://drive.google.com/drive/folders/1QV-v3ms8WzKxivm-313ZepcsVbrIrCjm

📌 Ce document a été produit avec le soutien de l’Association pour le Progrès des Communications (APC).

PROTEGE QV a le plaisir de rendre public le rapport intitulé« La désinformation : une entrave aux libertés des femmes au Cameroun ? »

Ce document est le fruit d’un travail rigoureux de documentation et d’analyse mené dans le cadre du projet Désinformation genrée au Cameroun, avec le soutien de Association pour le Progrès des Communications.

À travers des études de cas concrets, ce rapport met en lumière les mécanismes de la désinformation genrée et ses impacts sur les droits fondamentaux des femmes au Cameroun, notamment dans les domaines :

  • de la participation politique et électorale,
  • du leadership féminin,
  • des plateformes numériques et de leurs dérives sexistes,
  • de la santé reproductive.

Au-delà du constat, la publication propose des méthodes de documentation, de vérification et de signalement, ainsi que des recommandations claires à l’attention des pouvoirs publics, de la société civile, des médias et des plateformes numériques.

Ce rapport constitue un outil de plaidoyer, de sensibilisation et d’action pour promouvoir un espace numérique plus sûr, plus équitable et respectueux des droits des femmes.


📢 Partager et diffuser pour renforcer la lutte contre la désinformation genrée

PROTEGE QV réaffirme son engagement en faveur de la justice numérique, de l’égalité de genre et de la protection des libertés fondamentales au Cameroun.

https://drive.google.com/file/d/11QeHKtP3sPzcdgltZdLFd9r3XsrzpoOg/view?usp=sharing

RETOUR SUR DEUX JOURS INTENSES AU CŒUR DE L’AGROECOLOGIE A EBOLOWA !

À l’occasion de la 60ème édition de la Fête de la Jeunesse, les jeunes d’Ebolowa ont répondu présent pour un rendez-vous tourné vers l’avenir et l’autonomisation économique.

Revivons ensemble les moments forts de cette double formation organisée par PROTEGE QV dans le cadre du projet « Savoirs et saveurs : ferme- cantine du Lycée Technique d’Ebolowa en partenariat avec l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).

🗓 JOUR 1 : De l’idée au projet concret

Le lundi 09 février, la salle du FNE d’Ebolowa a vibré au rythme de l’entrepreneuriat.

– Thème : “Entrepreneuriat des jeunes et Agroécologie” ;

– Au programme : Introduction aux opportunités économiques vertes, outils de montage de projet et partage d’expériences inspirantes. Une étape clé pour transformer une simple idée en une entreprise durable ! 💡

🗓 JOUR 2 : Place à la pratique !

Le mardi 10 février, direction le Lycée Technique d’Ebolowa pour mettre les mains dans la terre. Nos participants ont eu le choix entre deux ateliers techniques pointus :

1. Production de rejets de bananier plantain (méthode PIF) : pour une agriculture plus performante ;

2. Production de vers blancs (foss) : une solution innovante pour l’alimentation animale.

Merci à tous les participants pour leur enthousiasme et leur désir d’apprendre. La jeunesse camerounaise prouve une fois de plus qu’elle est prête à relever les défis de la sécurité alimentaire et du développement durable.

✨ L’agroécologie n’est pas seulement l’avenir, c’est notre présent !

📌 Restez connectés pour ne rien manquer de nos prochaines initiatives.

Intégration du genre dans le développement local

Cap sur la prise en compte du genre dans la planification et la budgétisation au niveau local.
La salle de conférence de la Commission des Droits de l’Homme et des Libertés(CNDHL) a servi de cadre le 21 octobre 2020 à Yaoundé à un atelier d’enrichissement du « guide de planification et de budgétisation sensibles au genre pour les autorités locales au Cameroun ».
La séance de réflexion de ce jour est placée sous la houlette de la présidente de l’association Protège QV Sylvie Siyam, avec le soutien technique du ministère de la décentralisation et du développement local(Minddevel), du ministère de la promotion de la femme et de la famille(Minproff), du ministère de l’économie, de la planification et de l’aménagement du territoire(Minepat) et des Communes et Villes Unies du Cameroun(CVUC). Présent également à cet atelier de réflexion, le maire adjoint au maire de la mairie de Yaoundé 6, Virginie Ngah, le délégué départemental du Minddevel, le PRADEC, le maire honoraire de Bana Kamanda germain et les membres de la société civile.
Le mot de bienvenue a été prononcé par Madame le Professeur Atangana Malongue membre de la Commission, représentant le Président de la Commission des Droits de l’Homme et des Libertés, appréciant l’initiative et rappelant les efforts que mène la Commission dans la promotion et protection des droits au Cameroun.
De la présentation faite lors des termes de référence par la présidente de l’association protège QV l’on retient que «La budgétisation favorable à l’égalité des sexes seraient un atout qui devrait permettre au Cameroun d’aller plus vite dans l’atteinte de l’ODD (objectif de développement durable) N°5 en faveur des femmes et des filles. Afin de l’atteindre, le gouvernement prévoit des actions de renforcement des capacités des élus locaux. En croisant ces deux aspects, protège QV a voulu contribuer aux efforts du gouvernement avec l’appui d’une organisation africaine qui milite pour les droits de la femme (Women Human Wright) en s’engageant dans l’élaboration d’un guide de planification et de budgétisation sensibles au genre pour les autorités locales du Cameroun. Il existe déjà un guide de planification locale et régionale qui avait été fait par le Minepat. Mais celui que nous voulons faire est comme un ajout a celui-là pour expliquer aux élus locaux, comment ils peuvent tout en respectant le processus de planification mis en place par le Minepat, intégrer le genre dans la planification ».
Apres ces propos, place a été faite à l’exposé de Etoundi Noah Mekongo, Cadre représentant de la CNDHL, sur le thème, « La Commission Nationale des Droits de l’Homme et des Libertés et la promotion de L’ODD N°5 sur l’égalité des sexes et l’autonomisation de toutes les femmes et des filles ». De cet expose, l’on retient que l’objectif est de parvenir à l’égalité des sexes et l’autonomisation de toutes les femmes et les filles ; mettre fin partout dans le monde a toutes formes de discrimination à l’égard des femmes et des filles, à cet effet, la CNDHL dénonce des cas de discrimination à l’égard des femmes et des filles dans un Rapport sur l’état des Droits de l’homme au Cameroun (…), collabore avec les autorités compétentes en vue de l’arrestation des auteurs de ces violations ainsi que la réparation des victimes. Aussi, la mise en œuvre des cibles de l’ODD au niveau local peut se faire à partir de certaines actions, notamment : la promotion et l’animation des activités sportives et de jeunesse ; la création des établissements publics locaux à caractère social ; l’établissement des actes d’états civils…
Ensuite s’en est suivi l’exposé de Mrs Vivian Jioy Kendemeh, sous-directrice de la promotion genre au Minproff sur le thème, « La présentation du politique national genre du Cameroun ». Pour y parvenir des actions doivent êtres mener entres autres : le renforcement des actions destinées à l’élimination des gaps entre filles et garçons dans le domaine scolaire a tous les niveaux et à la scolarisation non-discriminatoire des filles et des garçons ; réduire de 35% à 10% le taux d’analphabétisme et d’illettrisme des femmes ; favoriser leur accès au TIC ; porter de 40,2% à 28,7% le taux de pauvreté des femmes ; développer la formation politique et citoyenne des femmes et développer un partenariat actif avec les partis politiques nationaux pour une meilleure participation des femmes à la vie politique. Ensuite s’en est suivi l’exposé de Mlle Lionelle Tchingoua, membre de protège QV sur le thème, « Généralités sur la prise en compte du genre au niveau local. » Enfin, l’on a suivi avec attention l’expose de Madame Sylvie Siyam présidente de PROTEGE QV sur le thème « Planifier, mobiliser, budgétiser en intégrant le genre. »
Myriam Djamen
Atelier d’enrichissement du « guide de planification et de budgétisation sensibles au genre pour les autorités locales au Cameroun »
Voici les recommandations des travaux de groupe
Dans l’optique de produire un guide conséquent, trois groupes de travail ont été constitués avec à la clé des recommandations formulées par ceux-ci. S’agissant du premier groupe de travail qui avait pour thème « planification en intégrant le genre », une seule recommandation a été formulée, il s’agit d’intégrer dans l’approche genre l’aspect socio-culturel et religieux afin de prendre en compte les spécificités locales.
Pour le second groupe de travail dont le thème est « Programmer en intégrant le genre », ces derniers ont souhaité que les exécutifs locaux prennent en compte les propositions qui sont faites dans le draft du guide et qu’elles puissent mettre à la disposition de l’équipe technique des moyens financiers. Le troisième groupe qui avait pour thème, « Budgétiser en intégrant le genre », à suggérer d’adopter une formulation plus simple facilement compréhensible par le camerounais lambda ; équilibrer les actions avec les résultats attendus.
Comme recommandations générales, l’on retient qu’à l’échelle nationale, les séminaires de renforcement de capacités des élus locaux doivent être élaborés par le gouvernement, qui doit également prévoir un poste d’expert genre au sein de l’organigramme des communes.
A l’issue de cette atelier, la modératrice du jour par ailleurs chef cellule de la coopération au Minddvel, Madame Bilo’o épse Dzou Lucienne Thamar se réjoui de cette initiative. « Je félicite l’initiative précise par l’association protège QV pour pouvoir apporter un soutien au travers d’un guide aux élus locaux de pouvoir s’arrimer aux exigences internationales et nationales en ce qui concerne le budget des communes a l’approche genre. Je me réjouis aussi de la qualité des échanges, des idées, des propositions et des recommandations. Je souhaite que ce guide voit le jour et que le renforcement des capacités soit implémenter pour qu’enfin le processus de décentralisation qui est porté par le Minddevel soit réellement mis en branle, pour que le citoyen lambda sente qu’il est la priorité de la politique de développement du Président de la République. »
Myriam Djamen
REACTIONS
Sylvie Siyam, présidente de l’association Protège QV
« Nous devrions nous attendre à ce que quand un maire veut collecter les besoins des populations dans une approche de diagnostic, qu’il distingue les besoins des femmes des besoins des hommes. »
Cet atelier permet d’enrichir un travail qui est déjà en cours. Arrivé à une certaine étape de l’élaboration du guide, nous avons pensé qu’il était opportun de rassembler les acteurs qui auront à intervenir dans la mise en œuvre et de l’utilisation de ce guide. Le guide vise à expliquer aux autorités locales, comment intégrer le genre dans la planification, la programmation, la budgétisation et le suivi évaluation au niveau local. Intégrer le genre c’est prendre en compte les spécificités, les besoins et les attentes des femmes et des hommes et des autres composantes sociales. Au cours de l’atelier, les maires ont relevé qu’il ne fallait pas seulement élaborer des guides, mais qu’il fallait d’abord les outiller , les sensibiliser à accepter déjà le fait qu’il faut intégrer le genre mais aussi a comment intégrer, parce que ce n’est pas juste sur la base de leur volonté, c’est des exigences auxquelles le Cameroun a souscris, comme l’ODD N°5 qui est dans l’agenda 2030 des Nations Unies qui impose d’intégrer les préoccupations des femmes et des hommes dans tous les programmes, les projets et des politiques qui sont mises en œuvres au niveau central et au niveau local. Nous devrions nous attendre à ce que quand un maire veut collecter les besoins des populations dans une approche de diagnostic, qu’il distingue les besoins des femmes des besoins des hommes. Qu’il distingue aussi la contribution des femmes à celle des hommes. Un maire à la responsabilité d’implémenter le développement local, s’il fait un diagnostic sans avoir pris de manière précise les besoins, les problèmes de chaque groupe, ça veut dire que les solutions auxquelles il parviendra ne seront pas forcement efficace, elles auront des effets, des impacts sur certains groupes mais pas sur d’autres.
Ngah Virginie, 2è adjoint au maire de la commune d’arrondissement de Yaoundé 6
« Nous devons tenir compte des besoins spécifiques de tous les genres. »
En participant à cet atelier nous avons compris que les choses évoluent positivement dans le sens de la prise en compte du genre, et que dorénavant nous allons devoir faire avec cette donne-là. C’est-à-dire que lorsque nous élaborons nos plans de campagne, nos budgets, nous devons tenir compte des besoins spécifiques de tous les genres. Dorénavant, nous allons nous arrimer à la volonté gouvernementale qui voudrait que le genre soit pris en compte dans les actions que nous menons sur le terrain. La première des choses à faire à partir de demain, vu que nous avons déjà le budget 2021 en préparation, il est question d’examiner tous sur l’axe de l’approche genre, et cela va nous permettre d’être plus efficace et utile pour nos populations.

Accompagnement des élus locaux

Avec l’avènement de la décentralisation, l’association a  élargi son champ d’actions à travers les activités suivantes :

  • Expertise au sein du Programme National de Gouvernance, aux travaux du Comité Sectoriel Décentralisation dont on voit la mise en œuvre des recommandations dans l’évolution du processus au Cameroun ;
  • Expertise dans l’élaboration des Programmes Municipaux Intégrés de lutte contre la pauvreté dans l’arrondissement de Yaoundé VI avec le Centre des Nations Unies pour les Etablissements Humains en 2001
  • Conduite en 2003 dans le cadre du Sommet AFRICITES 3, de l’Etude sur la contribution de la société civile à l’amélioration de l’accès aux services de bases au Cameroun ;

Participation au programme de renforcement des capacités des élus locaux au Cameroun avec le Ministère en charge de l’Administration Territoriale depuis 2004.

Renforcer les capacités des femmes

Parler de leadership local en pensant aux femmes trouve tout son sens dans la mesure où les femmes étant très actives dans leurs communautés, au niveau familial, traditionnel, religieux et même dans les mouvements associatifs, devraient trouver plus facilement le chemin vers la place de leader.

Mais les faits sont têtus et la situation actuelle permet de constater l’optimisme de cette hypothèse.

En effet, au Cameroun, les résultats des récentes élections de 2018 et 2020 permettent de relever une nette amélioration de l’accès des femmes aux fonctions électives, même si l’on reste très loin de la parité de sexes dans la vie politique et publique. On compte 58 femmes députées à l’Assemblée nationale sur 180 (soit 31,11%), 26 femmes sénatrices (soit 26%) sur 100 sièges et 33 Maires sur les 360 que compte le pays.

Conformément à deux des objectifs stratégiques du Plan d’Action de Beijing et notamment : (objectif stratégique L.9) « renforcer le rôle de la famille dans l’amélioration de la condition de la petite fille » et (objectif stratégique G.1) « prendre des mesures propres à assurer aux femmes l’égalité d’accès et la pleine participation aux structures du pouvoir et à la prise de décisions », PROTEGE QV s’est intéressé à :

  • renforcer les capacités des femmes afin qu’elles disposent de ressources (immatérielles et particulièrement savoir- savoir être et savoir-faire) pour s’asseoir autour des tables de décisions ;
  • sensibiliser les parents à éduquer la petite fille pour en faire la femme leader de demain.

Les activités suivantes ont été menées pour préparer les femmes à s’engager dans le leadership politique :

  • Contribution à l’élaboration d’un livre blanc sur situation de la femme au Cameroun avec la Fondation Friedrich Ebert ;
  • Accompagnement en 1998, du Ministère en charge de la promotion de la femme à organiser un atelier d’évaluation de la participation des femmes aux législatives de 1997 au Cameroun ;
  • Deux ateliers de formation des candidates aux prochaines élections législatives au Cameroun, en 1998 et 1999 ;
  • Coordination du Sous-Comité « Femmes et Groupes sociaux vulnérables » dans le cadre de la préparation de la 2ème Conférence des Nations Unies sur les Etablissements Humains à Istanbul ;

De plus, avec la place prise par l’informatique dans l’amélioration de la vie quotidienne, un effort a été fait pour lutter contre l’e-illetrisme féminin. Un projet intitulé Femmes du Haut-Nkam au rendez-vous des NTIC:Initiation de 150 Femmes à l’outil Informatique, a été conduit avec l’appui de la Commune Urbaine de Bafang.

En vue de sensibiliser à l’éducation de la petite fille, femme leader de demain, PROTEGE QV a sous ce prisme, régulièrement encouragé les élèves méritantes par des prix. De plus, plusieurs formations à l’initiation à l’informatique ont été organisées en respectant tout au moins la parité de sexes.

Dans la publication du livre blanc sur situation de la femme au Cameroun avec la Fondation Friedrich Ebert, PROTEGE QV a rédigé un article sur l’impact de l’éducation de la petite fille sur la femme leader de demain.

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